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    Syndrome de Cushing : Le Shiatsu pour aider ton cheval

    Syndrome de Cushing : Le Shiatsu pour aider ton cheval

    Si tu lis ces lignes, ton cheval vit sans doute avec un syndrome de Cushing. Tu connais le protocole vétérinaire : prise de sang, traitement, ajustements réguliers. Ce que tu cherches peut-être encore, c’est comment l’accompagner au quotidien, entre deux visites.

    C’est là que le Shiatsu entre en jeu. Cette technique de bien-être, fondée sur la pression des doigts le long de points précis hérités de la Médecine Traditionnelle Chinoise, ne soigne pas le Cushing. Mais bien utilisée, en complément du suivi vétérinaire, elle peut apporter à ton cheval un vrai confort au quotidien. 

    Je te propose de comprendre d’abord ce qu’est réellement le Cushing chez le cheval, puis d’aller chercher dans la recherche scientifique ce qui pourrait expliquer cet intérêt du Shiatsu, avant de partager avec toi deux cas tirés de ma pratique et quelques gestes simples à faire toi-même entre deux séances.

    Qu’est-ce que le Cushing chez les chevaux ?

    Le Cushing est un dérèglement d’une petite glande à la base du cerveau : l’hypophyse. Cette glande produit des hormones grâce à un système de régulation piloté par le cerveau, parmi elles, l’ACTH. Normalement, une molécule appelée dopamine vient « freiner » la production de l’ACTH, dès que le corps n’en a plus besoin. Chez un cheval Cushing, ce frein s’use avec l’âge : les neurones producteurs de dopamine ne sont plus aussi performants. Comme le corps produit moins de dopamine, les récepteurs qui la reçoivent s’atrophient, et parfois de petites tumeurs bénignes apparaissent sur l’hypophyse. Résultat : plus rien ne freine la production d’ACTH, qui s’emballe. Puis à son tour, l’ACTH va venir stimuler les glandes surrénales et les inciter à produire des glucocorticoïdes (comme la cortisone et le cortisol qui est l’hormone du stress). Tu l’auras compris, ce simple manque de dopamine aboutit à une cascade de conséquences hormonales qui ne s’arrêtent pas là. A la fin de cette chaîne, on trouve la thyroïde, la grande régulatrice du métabolisme. Elle va aussi avoir un impact sur la production de chaleur par l’organisme, la stabilité des humeurs ou encore la solidité des phanères ( c’est-à-dire les crins, les poils et les sabots).

    D’où vient cette baisse de dopamine ?

    Le point de départ, chez le Le point de départ, chez le cheval comme chez l’humain, semble être un phénomène appelé le stress oxydatif. Pour l’imager simplement : notre corps produit en permanence de petites molécules instables, les radicaux libres, un peu comme la rouille qui se forme naturellement sur du métal. En temps normal, nos cellules disposent d’un système de « nettoyage » qu’on appelle les antioxydants. Leur rôle est de neutraliser ces radicaux libres au fur et à mesure de leur apparition. Le problème survient quand la production dépasse la capacité de nettoyage : les radicaux libres s’accumulent alors et abîment peu à peu les cellules, notamment leurs membranes et leur ADN. Ce déséquilibre est aggravé par plusieurs facteurs qui augmentent la production de radicaux libres ou affaiblissent les défenses antioxydantes :

    • Le vieillissement naturel des cellules
    • L’inflammation chronique
    • L’exposition à certains polluants ou toxines
    • Une alimentation pauvre en antioxydants et/ou avec un excès de sucre
    • Le manque d’activité physique ou à l’inverse, un travail trop intense et inadapté

    Or, les neurones qui produisent la dopamine sont particulièrement sensibles à ce stress oxydatif. C’est un mécanisme bien documenté chez l’humain dans la maladie de Parkinson, où le stress oxydatif contribue à la dégénérescence progressive des neurones à dopamine. Chez le cheval atteint de Cushing, c’est exactement le même mécanisme qui est en cause : le stress oxydatif endommage les neurones à dopamine situés dans une zone précise du cerveau, ce qui explique la perte progressive de leur fonction de « frein » hormonal.

    Un lien avec le microbiote intestinal ?

    C’est une piste plus récente, mais elle aussi bien ancrée dans la recherche scientifique : on sait aujourd’hui que les bactéries de notre intestin ne se contentent pas de digérer, elles communiquent activement avec le cerveau via ce que les chercheurs appellent l’axe intestin-cerveau. Certaines familles de bactéries intestinales possèdent des enzymes capables de fabriquer elles-mêmes de la dopamine, ou ses précurseurs, à partir des aliments digérés. D’autres produisent des molécules (les acides gras à chaîne courte) qui passent dans le sang, atteignent le cerveau, et viennent directement moduler l’activité du système dopaminergique. Résultat : un déséquilibre de la flore intestinale peut, chez l’humain, être associé à un dérèglement du système dopaminergique. Ce lien est notamment étudié dans la maladie de Parkinson. Cette piste est encore récente et n’a pas été confirmée spécifiquement chez le cheval Cushing à ce jour, mais elle rejoint une idée simple et de bon sens : prendre soin du confort digestif d’un cheval âgé, c’est aussi, indirectement, prendre soin de son cerveau.

    Je ne pouvais pas te parler du microbiote sans te parler du « Kotwasser », un trouble digestif fréquent chez le cheval, qui va produire des crottins d’aspect normal, mais accompagnés d’un écoulement d’eau. Dans ma pratique, j’observe régulièrement ce trouble digestif chez des chevaux  diagnostiqués Cushing. Cette constatation n’est pas isolée : plusieurs vétérinaires et références équines rapportent la même association, et le dépistage du Cushing fait aujourd’hui partie du bilan de routine recommandé face à un Kotwasser persistant. Il faut toutefois rester prudent sur le niveau de preuve : ce lien repose pour l’instant sur des observations cliniques répétées plutôt que sur une grande étude scientifique dédiée qui en mesurerait précisément la fréquence. La cause exacte du Kotwasser reste d’ailleurs encore mal comprise dans la littérature de façon générale.  Mais cela suggère qu’un déséquilibre du microbiote intestinal pourrait être à la fois une conséquence et un facteur aggravant du Cushing, créant un possible cercle vicieux entre déséquilibre digestif et dérèglement hormonal. C’est une piste encore à confirmer, mais qui rejoint l’importance d’une approche globale de l’accompagnement du cheval.

    Les symptômes du syndrome de Cushing

    Le Cushing touche environ 20 à 25 % des chevaux de plus de 15 ans, toutes races confondues, même s’il peut plus rarement apparaître chez des chevaux plus jeunes. Contrairement à une idée reçue, tous les chevaux Cushing n’ont pas les mêmes symptômes mais les connaître peut nous éviter de passer à côté et en comprendre l’origine nous aider à mieux accompagner son cheval :

    • Le poil long qui ne mue plus correctement
    • Le manque d’énergie
    • La fonte musculaire
    • La fourbure
    • Une immunité plus fragile
    • Une soif et des urines plus abondantes
    • Une perte de densité osseuse au niveau du dos (vertèbres lombaires)

    Pourquoi consulter tôt ?

    Plus le diagnostic est posé tôt, mieux le cheval est protégé, notamment contre la fourbure, qui est la complication la plus grave et la plus douloureuse. Le diagnostic se fait par une simple prise de sang et un traitement adapté, associé à des ajustements de l’alimentation, améliore réellement la qualité de vie et l’espérance de vie du cheval.

    Les bénéfices du Shiatsu pour les chevaux atteints du Cushing

    Je pourrais évoquer ici les bienfaits généraux du Shiatsu que beaucoup d’entre vous commencent à connaître : la détente, le lâcher-prise, la gestion de la douleur, l’amélioration de la circulation sanguine ou encore le soutien au bien-être général qu’apporte ce moment de douceur. Mais ce serait redondant avec tout ce qui a déjà été écrit ailleurs sur le sujet, et ce n’est pas ce qui m’intéresse pour cet article.

    Avant de me former au Shiatsu, j’ai exercé comme kinésithérapeute. Cette formation initiale m’a laissé une exigence : même en pratiquant aujourd’hui une approche non conventionnelle, j’accorde une vraie importance à ce que dit la science, et je n’aime pas avancer des bienfaits sans pouvoir en expliquer le mécanisme. Alors plutôt que de rester en surface, j’ai voulu creuser plus loin :

    Qu’est-ce que la recherche scientifique dit vraiment des mécanismes qui pourraient expliquer l’intérêt du Shiatsu pour un cheval Cushing?

    Autant le dire d’emblée : les études menées spécifiquement sur le Shiatsu restent rares, et il n’en existe aucune sur le cheval Cushing. En revanche, l’acupuncture, qui repose sur les mêmes fondements théoriques que le Shiatsu (les mêmes méridiens, les mêmes points, le même objectif de rééquilibrage énergétique), bénéficie d’une recherche scientifique bien plus développée, avec des essais cliniques randomisés menés sur plusieurs milliers de patients. C’est cette recherche qui me permettra aujourd’hui d’éclairer, mécanisme par mécanisme, pourquoi le Shiatsu a du sens pour un cheval Cushing.

    Le Cheval Cushing, un cousin équin de Parkinson ?

    Reprenons le fil du début de cet article. Le Cushing naît d’un stress oxydatif qui vient user, avec le temps, les neurones à dopamine de l’hypophyse, un mécanisme si proche de celui de la maladie de Parkinson chez l’humain que certains chercheurs équins y voient un véritable modèle spontané de cette maladie neurodégénérative. . Or, c’est justement sur Parkinson que l’acupuncture montre ses résultats les plus solides. Chez des patients suivis en essai clinique rigoureux (le genre d’étude qui compare à un vrai groupe témoin), quelques semaines de séances d’acupuncture ont suffi à améliorer significativement leurs symptômes moteurs. Cet effet a depuis été confirmé à plus large échelle. Une méta-analyse regroupant 50 essais randomisés et plus de 3 200 patients confirme un effet supérieur du traitement médicamenteux associé à l’acupuncture au traitement médicamenteux seul. Avec de tels résultats, on peut parler d’une vraie preuve solide. Et quand on regarde d’encore plus près, du côté du stress oxydatif lui-même, une méta-analyse sur modèles animaux montre que l’acupuncture réduit les marqueurs de dommage oxydatif et augmente les défenses antioxydantes du corps. L’acupuncture semble aider l’organisme à mieux se défendre contre les fameux radicaux libres dont on parle en cas de stress oxydatif.

    L’axe HHS sous tension

    Il y a mieux encore. Fin 2025, une équipe de chercheurs s’est penchée pour la première fois sur la Médecine Traditionnelle Chinoise appliquée spécifiquement au syndrome de Cushing humain , avec un focus sur son action sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, le même axe qui se dérègle chez le cheval Cushing. Elle cite entre autres une étude clinique dont les conclusions méritent qu’on s’y intéresse.  D’après eux, l’acupuncture, utilisée en complément du suivi médical, aiderait à calmer cet axe hormonal en surchauffe, avec à la clé moins d’anxiété et moins de fatigue chez les patients. C’est une piste toute jeune, une poignée d’études, sur des petits groupes de patients,  mais c’est justement ce qui la rend excitante : elle ouvre un champ de recherche qui commence à peine à s’écrire, et dont on peut espérer qu’il s’enrichisse dans les années à venir.

    Une piste venue de l’intestin

    Reste une dernière piste, plus récente et encore balbutiante, mais qui rejoint une intuition que beaucoup d’entre nous ont depuis longtemps : celle du ventre qui parle au cerveau. On sait aujourd’hui que le microbiote intestinal communique avec le cerveau, et des études commencent tout juste à montrer que l’acupuncture modifie à la fois l’activité cérébrale et la composition de cette flore intestinale, les deux évoluant de façon corrélée. Les recherches manquent encore pour en tirer des conclusions fermes, mais l’idée mérite qu’on la garde à l’œil.

    Ce que je retiens de cette plongée dans la littérature, c’est que les pratiques ancestrales comme l’acupuncture (ou le Shiatsu) ne fonctionnent pas « par magie », mais s’appuient sur des points et des méridiens qui agissent sur des mécanismes bien réels : le système nerveux, l’axe hormonal, potentiellement le microbiote. Ces mécanismes commencent à être documentés, avec des niveaux de preuve qui vont de « solide » à « prometteur » , même si c’est encore souvent via l’acupuncture. Cependant, le Shiatsu partageant ses racines avec l’acupuncture, il pourrait trouver sa place aux côtés du traitement médicamenteux du Cushing, en véritable complément du suivi vétérinaire.

    Études de cas : Séances de Shiatsu chez les chevaux avec Cushing

    La théorie et la recherche, c’est une chose. Le terrain en est une autre, et c’est finalement elle qui m’a convaincue, bien avant que je n’aille chercher les études citées plus haut. Je te propose ici deux regards différents sur ma pratique auprès de chevaux Cushing.

    Le cas de Kangoo : jument ONC – 25 ans – traitement Prascend récent

    Le premier cas est un cas pédagogique : je t’emmène pas à pas dans mon raisonnement de praticienne, de la première observation du cheval jusqu’au choix des points travaillés, puis en faisant le lien entre ce que je connais de l’énergétique orientale et ce que l’on sait du Cushing en médecine conventionnelle. L’idée est de démystifier un peu le Shiatsu, de montrer qu’il s’agit d’une lecture précise du corps du cheval, qui se traduit ensuite par des gestes réfléchis et personnalisés à chaque cheval.

    En MTC, le corps est organisé autour de grandes fonctions appelées « organes énergétiques », elles portent le nom d’un organe physique (Rein, Rate, Poumon…) mais désignent des fonctions plus large que l’organe anatomique seul. Différents types d’énergies vont circuler entre ces organes énergétiques : le Qi (l’énergie de fonctionnement), le Yin (la matière), et le Yang (la chaleur).

    Avant de toucher un cheval, je l’observe : sa posture, ses aplombs, son poil, ses crins, jusqu’à sa langue. En Médecine Traditionnelle Chinoise , chaque détail du corps est une fenêtre ouverte sur l’état énergétique interne.

    Chez Kangoo, plusieurs de ces indices pointent vers un déséquilibre marqué de certains organes énergétiques:

    • Des antérieurs panards  et un poitrail serré traduisent un vide de Qi du Poumon
    • Des postérieurs serrés traduisent un vide de Qi du Rein
    • Un poil sec s’explique par un vide de Qi du Poumon : en MTC, le Poumon a un mouvement de diffusion de l’énergie vers l’extérieur du corps, donc vers la peau et les poils, c’est donc lui qui est chargé de les humidifier. Quand son énergie manque, la peau et le poil s’assèchent. 
    • Un poil abondant et bouclé est un signe de froid interne : c’est le Rein qui stocke la chaleur du corps (le Yang), donc un poil qui boucle et s’épaissit trahit un manque de ce Yang du Rein, le corps compense le froid interne en se couvrant davantage. 
    • Des crins et une queue fine sont un signe de vide de Yin du Rein, le Yin étant la réserve profonde de « matière » du corps, dont les crins sont un des reflets visibles. 
    • Un manque de muscle sur la ligne de dos traduit une faiblesse du méridien de la Vessie, qui parcourt justement toute cette zone dorsale, cohérente avec le vide d’énergie du Rein déjà identifié, puisque Vessie et Rein forment en MTC un couple associé, l’un ne pouvant fonctionner sans l’autre. 

    Le tableau se lit donc comme cohérent : un vide d’énergie du couple Rein/Vessie au premier plan, avec en parallèle un vide d’énergie du Poumon.

    C’est là que la lecture énergétique rejoint ce qu’on a vu plus haut dans cet article sur le Cushing. Le long du dos du cheval chemine le méridien de la Vessie, un méridien en lien direct avec l’hypophyse, la glande justement en cause dans le syndrome de Cushing. Le méridien du Rein, lui, est associé aux glandes surrénales, qui produisent en excès le cortisol lorsque l’axe hormonal s’emballe chez un cheval Cushing. Mais le Rein peut également être associé au cerveau et donc forcément aux neurones dopaminergique qui ont un rôle essentiel à jouer dans ce syndrome.. Le vide de Rein/Vessie observé chez Kangoo entre ainsi en résonance frappante avec ce que la médecine conventionnelle documente sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien dans le Cushing : la MTC et la médecine occidentale semblent décrire la même zone de fragilité chez ce cheval.

    En fin de séance, j’ai choisi de travailler quelques points d’acupression précis, en cohérence avec ce bilan énergétique. Le point Shu du Poumon et le point Poumon 9 viennent renforcer le Qi de cet organe énergétique, un choix logique face aux signes de déséquilibres énoncés avant. Pour le Rein, j’ai travaillé le point Shu correspondant ainsi que le point Rein 3, pour soutenir l’énergie du Rein dans son ensemble (à la fois son Qi et son Yang) . J’ai ajouté Rein 6, un point plus spécifiquement dédié à nourrir le Yin du Rein, cohérent avec les crins et la queue fins observés chez elle. Pour couronner le tout, c’est également ce qu’on appelle un point de longévité. Il a donc toute sa place pour accompagner Kangoo qui arrive à un âge avancé. Enfin, le point Rate 21 est venu clore la séance : c’est lui aussi un point de longévité, qui aide à régulariser la circulation du Qi et du Sang dans tout le corps, et à soutenir l’état général, particulièrement utile chez une jument de 25 ans qui manque d’état général et de muscle sur le dos.

    Le cas de Quonan : hongre Haflinger – 19 ans – Cushing (2022) + asthme

    Le second cas est un témoignage plus factuel, avec des données chiffrées. Je précise d’emblée une chose importante, par honnêteté : le Shiatsu est venu accompagner un suivi vétérinaire déjà en place, pas le remplacer. Les chiffres présentés ici ne prouvent donc pas un effet du Shiatsu à lui seul, mais ils témoignent d’une évolution suivie de près, dans laquelle le confort du cheval et l’accompagnement énergétique ont, je crois, toute leur place. On ne le répètera jamais assez, mais en aucun cas le Shiatsu ne se substitue à un suivi vétérinaire.

    Quonan est un hongre Haflinger âgé de 19 ans. Il a été diagnostiqué Cushing en 2022, puis, un peu plus tard, un asthme modéré est venu s’ajouter au tableau. Malgré un traitement déjà au dosage maximal pour son poids, ses prises de sang de janvier sont restées mauvaises à plusieurs reprises. Face à cette impasse et ne pouvant augmenter davantage le dosage de son traitement, sa propriétaire est allée chercher d’autres pistes pour soutenir son cheval : jusqu’à en venir au Shiatsu.

    Entre septembre et décembre 2023, Quonan a reçu quatre séances de Shiatsu. Ce timing n’a rien d’anodin : en médecine chinoise, c’est la période de l’année où l’énergie monte naturellement dans l’organe énergétique du Rein. L’énergie de cet organe était tout particulièrement faible chez Quonan. Mais les séances n’ont pas porté que sur cet axe. Quonan présentait aussi un déséquilibre entre Poumon et Foie, cohérent avec ses soucis respiratoires, qui a été travaillé en parallèle, et qui s’est lui aussi amélioré au fil du suivi. Force est de constater que Quonan et Kangoo présentaient des similitudes dans leurs bilans énergétiques : un Rein et un Poumon en vide d’énergie. Ce qui s’est avéré être quasiment systématique chez tous les chevaux Cushing que j’ai pu suivre ces dernières années.

    Sur le plan chiffré, l’évolution est notable : le taux d’ACTH de Quonan est passé de 244 en janvier 2023 à 52 en janvier 2024.

    C’est une évolution que je suis heureuse d’avoir accompagnée, et qui illustre bien ce que je disais en introduction de cette partie : le Shiatsu est venu soutenir Quonan aux côtés d’un traitement déjà optimisé. Il serait malhonnête d’affirmer que cette amélioration lui revient à lui seul. Mais c’est justement ce qui me semble le plus juste à retenir : un cheval accompagné dans sa globalité, avec un suivi rapproché et une équipe de soins élargie autour de lui ne se portera que mieux, d’autant plus s’il souffre d’une pathologie chronique.

    Les limites du Shiatsu dans le traitement du Cushing

    Après ce que je viens de partager avec toi, il serait tentant de conclure que le Shiatsu « fonctionne » contre le Cushing. Ce serait pourtant aller trop vite, et ma conscience professionnelle m’interdit ce genre de raccourci. 

    À l’origine, le Shiatsu est avant tout une pratique préventive : il vise à entretenir un bon équilibre général, pour éviter justement que la maladie ne s’installe. Mais une fois qu’elle est là, il n’y a plus de retour en arrière possible. Le Shiatsu peut cependant accompagner le cheval dans sa maladie, l’aider à mieux la vivre au quotidien, mais il ne pourra jamais la traiter même s’il permet à ton cheval de retrouver un certain équilibre, comme ça a été le cas de Quonan. 

    Face à une maladie chronique, il est humain de vouloir croire à une solution “miracle”. Mon rôle de praticienne est aussi de veiller à ce que cet espoir reste juste : le Shiatsu apporte du confort, mais ne garantit en aucun cas le ralentissement de la maladie elle-même. Il s’agit d’une nuance essentielle à garder en tête, pour ne jamais relâcher la vigilance sur le suivi vétérinaire qui restera toujours prioritaire. 

    Il ne faut pas oublier non plus que les  preuves scientifiques restent à construire. Je l’ai dit sans détour plus haut : aucune étude n’a, à ce jour, évalué le Shiatsu spécifiquement chez le cheval Cushing. Ce que j’ai partagé avec toi est un faisceau d’indices convergents, venus pour beaucoup de la recherche sur l’acupuncture, qui partage ses fondements avec le Shiatsu, et deux cas tirés de ma propre pratique. Cela interpelle , mais ce n’est pas une démonstration au sens scientifique du terme. Le taux d’ACTH de Quonan a baissé pendant qu’il recevait ses séances de Shiatsu ; je ne peux pas affirmer que c’est grâce à elles, seulement qu’elles ont fait partie d’un accompagnement global qui a fonctionné.

    Le message que je veux vraiment faire passer, au terme de cet article, est simple : le Shiatsu peut accompagner un cheval Cushing avec beaucoup de pertinence, mais toujours en complément. Il ne se substitue ni au diagnostic vétérinaire, ni au suivi régulier du taux d’ACTH, ni au traitement prescrit. C’est un soutien et non une alternative.

    Entre des séances de shiatsu : 3 techniques à faire soi-même pour soulager le cheval

    1. Le faire bouger en douceur

    On a tendance à ne pas vouloir embêter nos chevaux lorsqu’ils ne sont pas au top de leur forme. Et pourtant, ce n’est pas toujours la meilleure des idées. Dans le cadre d’un syndrome de Cushing, une activité physique légère et adaptée à l’âge du cheval ne peut que lui être bénéfique. En effet, l’activité est idéale pour venir renforcer l’énergie du Poumon, la meilleure manière de contrer l’apathie et/ou la fatigue générale. Je sais, ça paraît être totalement paradoxal, et pourtant tellement efficace. Le mouvement, c’est la vie, donc une petite balade à pied si ton cheval n’est plus monté ou encore un travail léger sous la selle si ton cheval peut encore être monté lui feront le plus grand bien. Pour optimiser tout ça, n’hésite pas à ajouter régulièrement des petits exercices d’assouplissement de la zone lombaire et de l’arrière des postérieurs. Ces exercices vont favoriser la circulation de l’énergie dans le méridien du Rein et de la Vessie. Pas besoin d’un travail exigeant : l’idée est simplement de faire circuler, en douceur, ce qui a tendance à se figer avec l’âge. De simples extensions d’encolure monté ou en longe, une petite série de barres au sol surélevées au pas à pied ou à cheval, quelques pas de reculer, un peu de travail latéral au pas à pied ou à cheval, tout est bon à prendre tant qu’on respecte l’intégrité physique de son cheval. 

    2. Masser son dos et l’arrière de ses postérieurs2. Masser son dos et l’arrière de ses postérieurs

    Un peu d’huile de massage et quelques pressions glissées : un simple geste de la main, posé et lent, le long de cette zone où chemine le méridien de Vessie, peut aider à soutenir sa circulation énergétique au quotidien. Mais si tu veux apprendre à réaliser des gestes plus précis, sache que je propose aussi des séances d’initiation au Shiatsu, où je te montre comment travailler cette ligne du dos avec justesse, mais aussi comment localiser quelques points d’acupression adaptés au profil énergétique de ton cheval, pour que tu puisses ensuite les reproduire régulièrement à la maison, en complément du travail sur le méridien de Vessie. N’hésite pas à me contacter ici, si tu souhaites en savoir plus sur les séances d’initiation au Shiatsu. 

    3. Couvrir son cheval en hiver ou quand il a froid

    C’est un réflexe qu’on n’a pas toujours face à un cheval très fourni en poil, et pourtant : ce pelage abondant est souvent le signe d’un froid interne, comme on l’a vu plus haut. Le couvrir ne peut donc que l’aider, à condition, bien sûr, de surveiller qu’il ne transpire pas sous sa couverture, ce qui serait alors contre-productif. A noter également que le froid fait partie des grandes causes de déséquilibre énergétique du Rein, donc laisser ton cheval s’exposer au froid ne fera qu’affaiblir l’énergie de son Rein déjà affaibli.

    Conclusion

    Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est sans doute que le quotidien avec un cheval Cushing te tient à cœur, au-delà du seul traitement médicamenteux. Tu l’auras compris : le Shiatsu ne remplacera jamais ton vétérinaire, ni la prise de sang, ni le Prascend. Mais il peut venir s’ajouter à tout ça, comme une main supplémentaire tendue vers le confort de ton cheval. 

    Chaque cheval Cushing a son propre bilan énergétique, sa propre histoire, ses propres vides à soutenir : ceux de Kangoo ou de Quonan sont à la fois semblables et différents. C’est justement pour ça qu’une séance se construit toujours sur mesure, à partir de l’observation du cheval, à l’instant T de sa séance.

    Si tu souhaites entamer un suivi pour ton cheval Cushing, tu peux dès à présent réserver une séance.

    Pour un échange de vive voix, pour pouvoir poser toutes tes questions, tu peux réserver un appel découverte gratuit.

    Si tu es plus classique et que tu préfères échanger autour de tes questions par écrit, tu peux me contacter via ce formulaire.

    Bibliographie

    Le syndrome de Cushing équin

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    Acupuncture et microbiote intestinal

    (2025-2026). Étude clinique sur troubles cognitifs légers, acupuncture et microbiote. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12657370/

    Chloé Dupont

    9 août 2026
    Santé du cheval

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